Il peut sembler difficile pour certaines personnes de se sentir concerné par le mouvement féministe. Les hommes peuvent se sentir agressé dans leurs masculinité. Et certaines femmes ne voient pas le souci du système patriarcal. Pour celleux qui se demande comment être un.e bon.ne allié.e du féminisme, qui souhaitent aller plus loin que leurs éducation, voici mes 5 conseils pour un combat quotidien contre le patriarcat et les injonctions sexistes.

Être un.e allié.e du féminisme en 5 étapes simples à retenir et appliquer :

1. Être à l’écoute
2. Déconstruire
3. S’informer
4. Laisser la parole
5. Agir

Je rappelle que le féminisme n’est pas un combat contre les hommes mais contre le patriarcat, le sexisme ordinaire, et les inégalités entre les hommes et les femmes et minorités de genre encore présentes en 2020.


1) Être à l’écoute

La première étape pour être un.e bon.ne allié.e du féminisme, c’est d’être à l’écoute des femmes et minorités de genre.

Cela peut sembler risible de commencer par là et pourtant … Laisser s’exprimer une femme et personne perçue comme femme qui parle. Écouter sans chercher à émettre une opinion, trouver une solution ou à avoir raison. Simplement accepter de se taire le temps qu’elle puisse raconter son expérience. Être un soutien avant tout. Une oreille attentive. Dans certaines situations c’est tout ce qui est demandé.

Ce point vaut dans ce contexte mais dans beaucoup d’autres également.
Apprendre à juste écouter ce que nous dit la personne face à nous. Sans commencer à répondre dans notre tête. Juste de l’écoute.

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2) Déconstruire

Reconnaitre les privilèges masculins. Il est important à notre époque de voir quelles sont les personnes privilégiées. Et disons-le franchement, le groupe dominant depuis maintenant des décennies, est l’homme blanc, cisgenre, hétérosexuel.

Cela se retrouve dans l’éducations des enfants dès le plus jeune âge. Puis une fois adulte, dans les différences de salaire, de postes. Différences de traitements aussi. Un homme pourra s’emporter et être en colère. Mais si une femme et personne perçue comme femme le fait, il y a fort à parier qu’on lui demande rapidement « Mais t’as tes règles ou quoi ? ». De même, on voit rarement un homme se faire couper la parole lors de débat ou en réunion, pour les femmes et minorités de genre c’est autre chose (manterrupting).

Il est important de savoir prendre du recul et remettre en question les privilèges existant.

Et pas seulement pour les hommes « blancishet », mais aussi en tant que femme blanche cisgenre hétérosexuelle ou homosexuelle. Car oui, en 2020 on voit encore trop de personnes dans le mouvement féministe se battre contre les privilèges masculins, tout en oubliant les privilèges de genre ou de couleurs de peau. Mais je vais revenir sur ce point un peu plus bas.

Au quotidien

Dans la vie de famille, il est encore très présent dans notre société que c’est à la femme et personne perçue comme femme de rester à la maison pour s’occuper des enfants.
Si elle veut travailler, à elle d’assumer les tâches quotidiennes de la maison, la liaison avec l’école, son travail, et surtout ne pas se plaindre parce que quand même c’est elle qui a voulu bosser. La charge mentale ça te parle ? (Je trouve d’ailleurs cette BD d’Emma Clit très bien faite et juste.)

Ça te choque ? Et pourtant c’est bien comme ça que cela se passe encore maintenant. Regardes autour de toi. Dans ton entourage, vois tu beaucoup de papas au foyer ? De mamans qui peuvent s’impliquer à 100 % dans leurs entreprises (sans se sentir coupable) ? Je ne parle même pas des femmes et minorités de genre ne désirant pas procréer (but « ultime » pour une femme et personne perçue comme femme selon la société à l’heure actuelle.).

Et ce n’est qu’un exemple des multiples images implantées dans l’inconscient collectif depuis notre plus jeune âge qu’il nous est nécessaire de casser.

La deuxième étape pour devenir un.e bon.ne allié.e du féminisme est donc de déconstruire.

Déconstruire ça va être de désapprendre tes acquis, et chercher à apprendre de nouvelles bases.

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3) S’informer

Pour déconstruire il faut donc s’informer, désapprendre, apprendre et comprendre. Notre troisième étape.

Le savoir est la base de tout.
Connaître ce qui nous entoure nous permet de combattre les inégalités, et de les expliquer à celleux qui ne savent ou ne comprennent pas encore.

Il est nécessaire d’être curieux.se. De vouloir aller chercher les informations brutes. De comparer. Et de compiler ce qui se passe pour se forger sa propre opinion. En se fiant à des sources fiables et crédibles. Et ne pas juste recracher ce que les journaux ou la télévision nous expliquent. Car ces « nouvelles » sont généralement politisées, grossies et arrangées pour faire du buzz.

Et pour apprendre nous disposons à ce jour d’un certains nombre de médias libres (ou presque) : les blogs et sites internet, les podcasts, les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter). Il y a aussi des films et séries qui parlent de féminisme, ainsi que des livres.

N’attends pas que quelqu’un d’autre te fasses tout le boulot. Va chercher les informations par toi-même !

Différents supports pour comprendre et savoir combattre le sexisme :

Ceci n’est évidemment qu’une sélection il en existe beaucoup plus.

Je vous simplifie un peu la vie pour bien débuter et avoir de bonnes bases grâce à des sources fiables. Pensez que souvent les comptes Instagram ont une page Facebook. Personnellement il y en a que je ne suis que sur FB et d’autres que sur IG. À vous de faire votre petit mix !

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4) Laisser la parole aux concernées

Prendre le devant de la scène en étant un allié du féminisme ne serait-ce pas contreproductif ?

Lorsque tu veux aider une personne, le mieux est encore de la laisser parler pour elle-même. Ne pas chercher à tout prix à être sous les projecteurs. Ni à avoir un merci ou une médaille pour service rendu.

En étant un soutien tu cherches à aider, pas à gagner le combat.

Si tu prônes l’égalité homme – femme et minorités de genre, ne fais tu pas simplement ce qui est juste ? Ce qui doit être fait ?
Dans un monde ou la parole de l’homme prime, la (re)donner aux femmes et minorités de genre ce n’est finalement que remettre de l’équilibre là où il n’y a que du déséquilibre.

Si une femme et personne perçue comme femme raconte une expérience sexiste, ne lui coupez pas la parole en dégainant un #NotAllMen. Revenez au premier point, l’écoute et ensuite à celui-ci, laissez lui la parole ! Répliquer de cette manière ne fait pas avancer le problème. Par contre la personne qui s’est ouverte, elle ne se sent pas soutenue.

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5) Agir

Pour être un.e allié.e du féminisme écouter, déconstruire et s’instruire sont les bases. Mais il faut aussi agir.

Militer ce n’est pas que sortir dans la rue pour manifester. Vous pouvez tout à fait aller marcher pour montrer votre soutien. Vous pouvez aussi dire à votre dame et personne perçue comme femme si vous avez des enfants que vous restez à la maison et que vous gérez. Comme ça elle, ael peut passer la journée pancarte à la main l’esprit léger.

C’est aussi partager des contenus sur différents réseaux sociaux. Prendre le temps d’expliquer autour de soi ce qui ne va pas. Venir en aide dans la rue ou au supermarché si vous êtes témoin de comportement sexistes. C’est réagir aux actes sexistes sans remettre la victime en question.

Agir c’est ne pas laisser passer les blagues ou allusions sexistes que l’on entend au quotidien (ne me sortez pas le sempiternel « on ne peut plus rien dire »). Et non définitivement, ce n’est pas drôle de rire aux dépens de quelqu’un.

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Par exemple, dire à votre papa que non sa remarque sur le physique de votre nouvelle chérie n’est pas acceptable. Ou à votre collègue qu’il peut se faire son café lui-même pas besoin de demander à sa voisine ou à la petite stagiaire. Ou au monsieur assit face à vous dans le métro ou le tram de ne plus faire de manspreading (désigne la manière qu’on certains hommes de s’asseoir les jambes très écartées). Dire à votre amie qui critique cette jeune femme en short, qu’avec sa taille 46 elle aussi a le droit de le porter et d’être bien dans son corps.

Au sein du couple

Combattre le sexisme se fait aussi dans notre rapport à l’autre dans le couple, ainsi que dans notre sexualité.
Emma Clit a fait une BD sur le sujet « Le pouvoir de l’amour » qui résume je pense très bien la dynamique d’un couple cisgenre hétérosexuel à notre époque. Voici un extrait :

Un air de déjà vu ?


Être un.e allié.e le travail d’une vie

On pourrait croire qu’une fois la déconstruction et l’apprentissage effectué, deux ou trois actions au quotidien de mises en place, on peut dire « c’est bon, j’ai fait le taff !« . Seulement être un.e allié.e du féminisme ça ne s’arrête jamais. Il y a toujours des parties de nous à faire évoluer. Des choses à apprendre, ou à faire.

J’ai envi de dire que cela vaut pour tout. Car une fois que l’on prend conscience des inégalités et oppressions qui nous entourent, avec le temps on ouvre les yeux sur toutes les autres.

J’ai toujours été plus ou moins une petite fille rebelle (je n’aimais pas le rose, ni porter constamment des robes, je décapitais souvent mes poupées ou leur faisais des coupes affreuses). Si j’en suis venue au féminisme c’est de par mon parcours de vie, et aussi parce qu’il y a plusieurs années j’ai ouvert les yeux sur la cruauté animale.

Quand notre esprit s’ouvre et que nous cherchons à déconstruire quelque chose, c’est naturellement qu’au fil du temps nous allons aborder et déconstruire d’autres sujets.

Pourquoi être un allié du féminisme ?

C’est vrai ça à la fin, aider les nanas et personne perçue comme femme c’est bien joli mais qu’est-ce que ça t’apporte en tant que « mâle » finalement ? Parce que bon, pour nous (les femmes et minorités de genre) on a plutôt bien cerné l’intérêt. En tout cas j’espère.

  • Des métiers ouverts à tous et toutes sans discrimination : plus de choix de vie active.
  • Plus d’autonomie et une répartition équitable des tâches du quotidien donc moins de frictions, plus de facilité à vivre ensemble, des enfants heureux : une meilleure vie de famille.
  • Moins de non-dits, plus de discussions, d’écoute, de soutien, mais aussi ta partenaire est moins fatiguée donc plus épanouie sexuellement : une meilleure vie de couple.
  • Des obligations sociétales de virilité et du stress en moins, une ouverture à ses propres émotions sans honte : une meilleure santé.
  • Qui dit plus d’hommes concernés par le sorts des femmes et minorités de genre dit moins d’agressions : plus de sécurité partout.
  • L’écologie est majoritairement féminine à l’heure actuelle. Un homme s’intéressant au féminisme est davantage « écolo-friendly », à l’inverse un homme se sentant menacé dans sa virilité aura un comportement plus polluant : plus d’écologie, la planète nous dit merci !

Soyons ouvert.e d’esprit et inclusif.ve

Je voudrais conclure en rappelant que se battre pour une cause comme l’égalité homme – femme et personne perçue comme femme dans notre société ne peut se faire sans ouverture. Ouverture d’esprit, et ouverture de cœur. Il s’agit d’un combat contre les inégalités et les exclusions.

Donc lorsqu’une personne vous dis qu’elle est une femme, qu’elle s’identifie comme telle, quelque soit votre opinion sur le sujet respecter la.
Femme = personne identifiée ou s’identifiant comme femme.

Ne cherchons pas à imposer nôtre propre mode de vie. C’est-à-dire laissons le libre arbitre à une femme et personne perçue comme femme si elle souhaite par exemple porter un voile, et ne pas dévoiler son corps. Ou s’épiler les jambes et se maquiller. Ou à l’inverse laisser ses poils et ne pas utiliser de maquillage. Avoir les cheveux courts ou long, naturels ou colorés, etc.
Bref, lâchons nous la grappe aux un.e.s et aux autres !

Nous ne pouvons décemment pas prôner le respect des femmes en excluant les femmes racisées, les minorités de genre, et en ne s’interrogeant pas sur le sort réservé aux femmes et minorités de genre qui confectionnent nos habits, nos téléphones, nos télévisions, etc. à l’autre bout du monde.

Car le féminisme n’est pas seulement le combat des femmes cisgenres blanches valides

Mais aussi celui des femmes racisées, des femmes trans, des femmes handicapées, des personnes non-binaire et des personnes perçues comme femmes. C’est un combat contre le patriarcat et le sexisme envers tous.tes.x. Pour que ce combat soir complet et juste, il se doit d’être inclusif.

Car combattre une oppression, une injustice tout en faisant soi-même n’est-ce pas contre productif ?
Ainsi que blessant pour les personnes qui sont concernées par cette lutte, tout en étant rejetées par une partie de celles qui la mène ?

À mon sens, féminisme rime avec inclusivité et écologie. Combattre les inégalités c’est aussi se poser la question de l’exploitation animale, humaine, et de la planète. Que ce soit dans son pays ou loin de soi.
Parce qu’ « Être oppressé.e, n’empêche pas d’avoir des privilèges ou être en position de domination vis-à-vis d’autre groupe. » @Irenerose

Donc finalement lorsqu’on est féministe ou un allié du féminisme, on devient aussi un.e allié.e contre le racisme, la transphobie, la grossophobie, etc. Car le but est de ne plus laisser le pouvoir aux seuls hommes cis hétéro blancs comme cela est le cas encore aujourd’hui en 2020.

Nous avons tous.tes.x notre place sur Terre. Et il est de notre devoir de respecter notre prochain.e et l’accepter tel.le qu’iel le souhaite. Sans jugement et avec égalité.


Petit récapitulatif pour être un.e allié.e du féminisme au quotidien :

Infographie être allié.e du féminisme meeriwild

Je tiens à remercier spécialement Noémie qui gère le compte Instagram @Meufcocotte d’avoir accepté de me laisser utiliser plusieurs de ses mèmes #êtreunalliéféministe pour illustrer cet article.

Je compte sur toi pour rajouter en commentaires toutes les personnes qui t’aide à te déconstruire, qui te motive à prendre la parole au quotidien. Les noms de celles et ceux qui pourraient en aider d’autres.

Tout commentaire irrespectueux, paternaliste, insultant, sera modéré sans préavis.

N’hésite pas à me faire une remarque sur l’écriture inclusive si tu vois que j’ai fait une faute. Je lis un maximum de choses, mais je suis en plein apprentissage. Je ferais des modifications si nécessaires.

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Les 5 étapes simples pour devenir un.e bon.ne allié.e du féminisme